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Cultures et societes en Egypte et dans le monde arabe - Arab and Egyptian cultures and societies


Egypte: quand le soutien à Gaza devient un outil d'opposition au régime...

Publié par nicoducaire sur 8 Mars 2009, 15:47pm

Catégories : #Egypte



Un article du Petit Journal du Caire:

SOCIETE - Quand Gaza devient un moyen d’opposition au régime

Alors que l’attaque israélienne sur Gaza posait le problème de l’ouverture de la frontière à Rafah, des manifestants égyptiens ont bravé les interdits pour exprimer leur soutien aux Gazaouis assiégés, profitant de l’occasion pour s’opposer à la politique du président M. Hosni Moubarak.

Chaque vendredi de janvier était une épreuve pour le président égyptien M. Hosni Moubarak. L’assaut israélien sur Gaza posait le problème humanitaire de l’ouverture des frontières et l’opposition islamiste réunissait les foules, d’Al Azhar à Alexandrie. Pourtant, si les Frères musulmans ont mobilisé un grand nombre de personnes, certains opposants plus pacifistes mais tout autant déterminés se sont heurtés à la police égyptienne et ses méthodes radicales. Pour la plupart journalistes ou militants des associations de défense des droits de l’homme, voici le récit d'une journée de manifestation et des épreuves auxquelles ils ont été confrontés.

Chaque check point est une épreuve
Partis à 8 heures du Caire afin de rejoindre ‘Arish, à quelques kilomètres de Rafah, les membres du Comité de soutien populaire au peuple palestinien connaissent leurs premiers déboires dès la sortie de la capitale. Le passage de chaque check-point est une épreuve. Il faut descendre, argumenter avec les officiers de police puis attendre une décision.
Les manifestants en profitent pour sortir les banderoles et bloquer la route aux autres véhicules à qui le passage a été autorisé par la police. «Le problème est que les autorités savent que nous sommes attendus à ‘Arish. La chaîne de télévision du Hamas, Al Aqsa, a été prévenue de notre arrivée et les activistes locaux nous ont contactés, explique une participante. A chaque fois, ils tentent de gagner du temps de manière à ce que nous arrivions trop tard. Il se peut que nous atteignons la ville cette nuit, qu’il faille alors trouver un hôtel, de quoi se nourrir et un moyen de transport pour retourner au Caire le lendemain, nos bus n’étant loués que pour la journée

Accueillis par les matraques
Pourtant rien n’arrête les manifestants qui bloquent un instant l’entrée du pont du canal de Suez dans l’attente de leur passage. Les slogans fusent, devenant de plus en plus agressifs envers Hosni Moubarak, l’accusant de laisser mourir les «frères gazaouis» par son refus d’ouvrir les frontières.
Mais la situation se durcit à mesure que le convoi s’enfonce dans le Sinaï et le dernier check point est difficile à passer, les policiers exigeant le passeport des étrangers, activistes et journalistes, présents dans les bus. Le ton monte et l’autorisation tarde. Les manifestants comprennent rapidement pourquoi : arrivés à l’entrée de ‘Arish, ils voient se dessiner une rangée de policiers armés de matraques et de boucliers. Leur arrivée a été soigneusement préparée depuis le passage du premier barrage de police et il est désormais impossible de passer, le risque étant trop grand de se faire matraquer et de finir arrêté. Le convoi repart alors au Caire, suivi par des véhicules de police sur une bonne vingtaine de kilomètres.

Espoir d’une amélioration
Pourtant, l’ambiance dans le bus reste optimiste. «Plusieurs convois ont été arrêtés bien avant nous, souligne Hani, activiste dans une association défendant les droits de l’homme. On a montré qu’on était là et le régime commence à être débordé par les manifestations. Il paraît que toute la ville de ‘Arish était dans la rue et que la police a été prise à partie.» Le convoi rentre donc sereinement dans la capitale, enthousiasmé par une autre nouvelle : vingt-sept médecins parmi les cinquante attendant à la frontière ont été autorisés aujourd’hui à passer à Gaza. Signe que le régime égyptien a un peu fléchi, et que même si chaque protestation est un combat, il n’est pas vain.

Clothilde MRAFFKO (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 5 mars 2009

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