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nicoducaire

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Cultures et societes en Egypte et dans le monde arabe - Arab and Egyptian cultures and societies


Le Monde: L'Egypte perçoit les dividendes de la libéralisation de son économie

Publié par nico sur 18 Novembre 2006, 12:50pm

Catégories : #Egypte

Un bel exemple du fait que Le Monde est vendu au capitalisme et à la mondialisation libérale... En substance: soyez compétitifs, augmentez votre taux de croissance, libéralisez votre économie, soyez un bon élève des politiques du FMI, et tout ira bien. Et si cela augmente le nombre de pauvres dans votre pays, si la plupart des gens ici ne gagnent qu'un salaire de misère et sont obligés de cumuler plusieurs métiers pour s'en sortir, si le régime est autoritaire et les citoyens n'ont aucune liberté d'expression ou de pensée politique indépendante, si les secteurs relevant du 'service public' (santé, éducation, justice...) sont complètement défaillants, c'est pas grave, au moins le taux de croissance progresse et les entreprises étrangères investissent dans votre pays, que demander de plus après tout??? Et n'oubliez pas ; " l'Egypte présente un "intérêt stratégique" dans la mesure où les coûts de production y sont équivalents à ceux pratiqués en Asie"... no comment!!

"Héritière d'une économie administrée et tournée vers son marché intérieur, l'Egypte a engagé, il y a deux ans, une politique de modernisation qui commence à porter ses fruits.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait ainsi atteindre 7,5 % cette année, contre 6,9 % pour l'année fiscale 2005-2006 (close fin juin), selon le ministre des finances, Youssef Boutros-Ghali. Il avait été de 3,3 % en moyenne entre 2001 et 2003. Le déficit budgétaire a été ramené à 7,9 % du PIB en 2005, contre 9,6 % l'année précédente, selon les chiffres publiés le 13 novembre.

L'équipe réformatrice, constituée du ministre des finances, du ministre du commerce et de l'industrie, du ministre de l'investissement et du gouverneur de la Banque centrale, a bénéficié d'une conjoncture favorable.

Portée par la bonne tenue des "rentes" externes - le tourisme, les transferts des émigrés, les recettes du canal de Suez (en hausse de 14 % pour les dix premiers mois de 2006) - la croissance est aussi soutenue par le développement de la construction et des services.

L'Egypte a simplifié sa structure tarifaire et baissé les droits de douanes à travers une loi de 2004. L'année suivante, le taux d'imposition sur les particuliers et les sociétés a été ramené à 20 %, contre 45 % auparavant. Parallèlement, les autorités ont poursuivi leur politique de libéralisation des marchés monétaires et financiers, ainsi que la privatisation des secteurs non pétroliers. Le prochain grand secteur concerné devrait être l'assurance, a déclaré au Monde le ministre du commerce et de l'industrie Rachid Mohamed Rachid.

La Banque mondiale estime que les 73 millions d'Egyptiens ne recueillent pas, de manière égale, les bénéfices de ces bons résultats macroéconomiques. D'après ses calculs, le chômage a atteint 11,7 % en juin, et le pourcentage de la population vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté à 19,6 % pour l'année fiscale 2005-2006, contre 16,7 % en 2001.

FORTE IMPLICATION DE LA CHINE

Pour absorber les 600 000 nouveaux entrants sur le marché du travail chaque année, l'investissement, public et privé, (18 % du PIB en moyenne, contre 35 % à 40 % dans les pays émergents d'Asie) est jugé "très insuffisant" par la mission économique de l'ambassade de France au Caire. Dans une note, publiée en octobre, cette dernière estime qu'"il doit être porté à au moins 25 % pour élever le taux de croissance du PIB sur une trajectoire durable d'au moins 6 % par an".

Alors que le sous-équipement en infrastructures du pays se fait cruellement sentir, les investissements directs étrangers (IDE) sont en hausse. Ils devraient dépasser 6 milliards de dollars (4,7 milliards d'euros) cette année, contre moins de 2 milliards de dollars il y a deux ans. Rachid Mohamed Rachid, espère qu'ils atteindront 8,5 milliards de dollars l'année prochaine, et 10 milliards de dollars l'année suivante.

La Chine, qui a affiché son intérêt pour les matières premières d'Afrique noire lors du sommet sino-africain à Pékin, les 4 et 5 novembre, a jeté son dévolu sur l'Egypte. Le plus gros contrat chinois (938 millions de dollars) concerne un projet de production d'aluminium.

"La Chine est comme un éléphant dans le salon, il est difficile de l'ignorer. Et si, aujourd'hui, l'Union européenne est notre premier client et notre première source d'IDE en tant que bloc, je suis convaincu qu'en moins de dix ans le géant asiatique prendra la place des Etats-Unis en tant que premier pays investisseur en Egypte", estime Rachid Mohamed Rachid.

Les pays européens doivent réaliser que l'Egypte présente un "intérêt stratégique" dans la mesure où les coûts de production y sont équivalents à ceux pratiqués en Asie, explique Laurent Padoux, de la mission économique.

Dans le but de relancer les partenariats, un Conseil présidentiel des affaires franco-égyptien (CPAFE), créé il y a un an, s'est réuni pour la première fois, jeudi 9 et vendredi 10 novembre. Plusieurs grands groupes français y étaient représentés au plus haut niveau.

Maguy Day"

www.lemonde.fr

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