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nicoducaire

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Cultures et societes en Egypte et dans le monde arabe - Arab and Egyptian cultures and societies


Des nouvelles de Guinée

Publié par nico sur 13 Février 2007, 00:38am

Catégories : #Afrique

En attendant un article de ma plume qui arrivera peut être un jour si je me motive, un bon résumé de la situation actuelle en Guinée, lu sur Indy Grenoble:

Solidarité avec la lutte des prolétaires
et des masses de Guinée !

La Guinée - Conakry est un petit pays ouest-africain de presque 10 millions d'habitants, l'un des pays les plus pauvres de la planète, en dépit de sa richesse minière: diamants, or, fer, uranium, etc., et surtout bauxite dont il est le 2e producteur mondial et qui assure 90% de ses recettes d'exportation. La production de minerais est entre les mains de grandes firmes étrangères, tandis que l'impérialisme français reste le premier fournisseur du pays. Alors que la majorité de la population guinéenne vit dans la misère, bourgeois locaux et étrangers et multinationales s'enrichissent, protégées par le régime du général Lansana Conté (ancien militaire de l'armée coloniale française arrivé au pouvoir après un coup d'Etat en 1984) contre le mécontentement grandissant.
En novembre 2005 les syndicats avaient organisé 48 heures de grève générale pour demander une hausse des salaires et des pensions, l'instauration d'un salaire minimum, etc. En 2006 une deuxième grève générale en mars était suivie d'une grève de enseignants en mai, puis d'une nouvelle grève générale en juin qui dura 9 jours avant d'être brisée par la répression (plusieurs dizaines de morts).
En réaction aux hausses des prix des produits de première nécessité les syndicats lançaient le 10 janvier 2007 un nouveau mot d'ordre de grève générale illimitée. Au bout de 18 jours de grève marqués par une répression qui a fait plus de 60 morts et des centaines de blessés, les négociations entre le gouvernement et les syndicats arrivaient à leur conclusion; bien que les grévistes et les manifestants demandaient le départ de Lansana Conté et de son clan, le 27 janvier l'Intersyndicale décrétait la fin de la grève, contre, entre autres, la promesse de la nomination d'un premier ministre. Pour faire reprendre le travail et faire passer cette solution soufflée par les milieux impérialistes pour une «victoire du peuple», les dirigeants syndicaux ont expliqué que le futur premier ministre disposerait de la réalité du pouvoir et que le sinistre clan Conté, ses affairistes et ses tueurs, seraient ainsi effectivement mis dans l'incapacité de nuire.

Cependant devant le retard de la nomination du premier ministre ainsi que le non respect du paiement intégral des jours de grève et d'autres clauses de l'accord du 27/1, les syndicats menaçaient le 2 février de déclencher une nouvelle grève générale à partir du lundi 12.
Le régime a mis à profit le délai laissé par les chefs syndicaux; au lieu de les contacter comme ceux-ci l'espéraient pour négocier, vendredi 9 février Lansana Conté a nommé comme premier ministre l'un de ses proches: Eugène Camara. Ce capitaliste, dirigeant de plusieurs entreprises, ancien ministre de l'économie et en tant que tel responsable de la situation désastreuse des travailleurs et des masses, avait été promu pendant la grève au poste de ministre coordinateur des actions gouvernementales (en remplacement de Fodé Bangoura, haï pour sa responsabilité dans les massacres de juin 2006), c'est-à-dire premier ministre de fait: autant dire que les accords du 27 ne valaient même pas le papier sur lesquels ils ont été signés...

Cette décision a immédiatement entraîné des manifestations spontanées: dès vendredi soir dans le quartier populaire Hamdallaye de la capitale Conakry des jeunes ont commencé à manifester. Samedi matin à Conakry le cortège présidentiel à été caillassé par les élèves du lycée Matam (la vitre de la voiture de Conté a été cassée, l'obligeant à changer de véhicule): la garde présidentielle a tiré sur les jeunes, faisant 2 morts. Dans la deuxième ville du pays, Kankan, où les manifestations ont commencé vendredi, un militaire qui avait tiré sur les manifestants en faisant 4 blessés, a été tué par ceux-ci. Des manifestations et des affrontements sont signalés dans diverses localités: Coyah, Maferinya, Boké, Dalaba, Labé, Pita (2 villes où les bureaux des préfets ont été brûlés), Siguiri (où l'Hôtel du ministre de l'économie a été incendié et où les manifestants ont tenté de prendre d'assaut la prison), N'zérékoré, etc. La répression a fait plus de 20 morts.
Dimanche, alors que la capitale était paralysée en beaucoup d'endroits par des barricades, que les destructions de villas et bâtiments appartenant aux divers ministres (y compris au nouveau premier ministre étaient attaqués et brûlés, les blindés de l'armée ont pris position aux carrefours stratégiques de Conakry, après que le gouvernement ait annoncé l’augmentation des grades des soldats (donc leurs soldes !); d'autre part des centaines de combattants libériens auraient été concentrés dans la banlieue de la capitale pour prêter main-forte au régime.

Lundi matin, les massacres ont continué dans la banlieue de Conakry, mais de jeunes soldats ont quitté le camp militaire alpha Yaya après avoir pris les armes et munitions du dépôt; ils ont rejoint rejoint les manifestants et commencé à pourchasser les combattants libériens ! De son côté, les militaires gouvernementaux ferment les radios privées les unes après les autres, bloquant toutes les informations.

Le régime criminel de Conté est bien décidé à ne renoncer à aucun de ses privilèges; il l'avait déjà démontré en réprimant la grève générale de juin 2006 et lors de la grève de janvier de cette année en déchaînant l'armée, la police et des escadrons de la mort ethniques. Fort du soutien de l'impérialisme, français, américain et autre qui l'appuie depuis toujours, il a choisi de se maintenir par la force, par la violence.
Mais les masses et les prolétaires de Guinée ont démontré leur combativité en luttant contre la misère, l'exploitation et la répression, et ils ont démontré leur force en arrêtant l'activité économique du pays (y compris l'extraction de bauxite). Ils viennent spontanément de reprendre la lutte, sans attendre les consignes des chefs syndicaux pour la reprise de la grève générale à partir d’aujourd’hui, ni celles des politiciens de l'opposition qui ne cherchent qu'à passer des compromis avec la bourgeoisie et l'impérialisme et qui n’ont rien trouvé de mieux que de condamner dans un communiqué… le « vandalisme » des manifestants !

[...]

SOLIDARITE TOTALE AVEC LA LUTTE DES PROLETAIRES
ET DES MASSES GUINEENNES !
NON AUX MASSACRES !
IMPERIALISME FRANÇAIS HORS D'AFRIQUE !

12 février 2007 Parti Communiste International

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