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nicoducaire

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Cultures et societes en Egypte et dans le monde arabe - Arab and Egyptian cultures and societies


Syrie: analyse d'un ami sur place

Publié par nicoducaire sur 28 Mars 2011, 20:22pm

Catégories : #Monde Arabe

Bonjour à tous,

 

Tentons de reprendre le fil des événements, qui se multiplient et qui – au regard de la presse occidentale – ne semblent pas très compréhensibles. On va procéder de manière simple, d'abord la capitale puis les villes de provinces, en partant du sud vers le nord. Dans la capitale, la situation est étrange. Les gens commencent à parler, mais sur un sentiment croisant inquiétude et incertitude. C'est bien le deuxième sentiment qui explique le premier. Pour les français, il est sur qu'une manif ne fait pas peur, mais les syriens, eux, n'ont pour la plupart jamais vécu cela. Ils sont – pour les anciens – partagés entre le sentiment de la peur du retour des années 80, même s'ils ont conscience des différences, et la peur des pays liban ou irak comme devenir. Du coup, ils se raccrochent au pouvoir et son chef. Ce sentiment ne doit pas être mal interprété. Il n'est pas fondé sur une réalité dangereuse, mais sur la surprise devant des choses nouvelles. Bien vite, d'ailleurs, ce sentiment se dissipe. La capitale de toute façon reste au main de BA où des demain, une grande manif de soutien est prévue. Nous sommes bien sur dans la guerre d'images.

Les choses dans les villes autres, différent. La ville du sud tout d'abord. Ce sont des logiques de tribus qui président. Les membres de la contestation sont sunnites, ce qui fait que les autres minorités sont en retrait par rapport. Donc croisement de deux paramètres, 1° le sunnisme des petits bourgs 2° le caractère tribale qui est en voie de mobiliser la asabiya. Petit point méthode d'analyse. La asabiya, c'est l'esprit de corps, c'est à dire un sentiment d'appartenance collectif mobilisable lorsque le groupe est agressé. Dans le cas de la tribu, il est aisément détectacle, tous les membres se reconnaissant de, répondent à l'appel de la communauté. Vous pourriez le décliner sous d'autres formes, comme lorsque lors d'une manif vous agressez un jeune, les jeunes s'identifient et descendent « par solidarité ». le pb des asabiya est leur caractère flou extrément mobilisateur et permanent. Un peu à la mode PC des années 50, si vous êtes appelés à résister, vous résistez sans demander pourquoi moscou a décidé de cela. Flou, car les frontières d'une famille élargie ne sont pas claire. Imaginez que vous réclamiez de vos cousins de cousins, un soutien. Ici c'est la même chose. Du coup, la ville du sud poursuit le mouvement réclamant le prix du sang, puis les villes intermédiaire ds'y mettent, elles (mêmes terre d'exode des populations du sud. D'ou un embrasement plus ou moins flou sans réel élément coordinateur. Il n'y a pas du coup convergence mais identification, en gros, nous nous battons pour le sud, ce qui veut dire relatif apolitisme du mouvement et déconection des groupements partisans. Ces derniers peuvent tout de même revenir.

Voilà pour le gros. Le second phénomène greffé sur le premier, est plus complexe. Il concerne la ville du nord, sur la cote (la carte de la syrie est disponible sur google). Ici trois groupes, les alla (comme le préside) les chrétie et les sunites. Les deux premiers sont majoritaires, mais il existe une minorité des troisièmes, extrémement durs, qui habitent un quartier où la police on pol ne rentre pas. Ce weekedn, les premiers – probablement alliés avec les seconds – ont pris leur fusil et sont allés dégommé une dizaine de personnes dans le dit quartier. Message à double sens. 1° localement, 'nous sommes les plus forts et bien armés », ce qui selon les échos ici, est su. Effectivement, une population disposant d'un bon stock et franchement béliqueuse. Message signifiant aux autres communautés, ne vous amusez pas à profiter de la situation pour prendre quelques avantages dont nous disposons. 2° message au niveau national, comme nous avons affaire à la communauté de BA, menace claire de dissidence ou de reglement par la force de la défense des intérêts acquis. La réponse n'a pas tardé, envoi de l'armée. Visiblement le calme très froid règne sur la ville.

Quelques suites à attendre. 1° on reprend les cartes : fin de l'état d'urgence, déploiement partiel de l'armée, déplacement de gouverneurs, 2° on redistribue : libération deprisoniers dont une bonne frange de barbu. Une augmentation pour les fonctionnaires pour acheter une base politique 3° on regarde les jeus, on propose des élections ( je prends les paris pour leur annonce prochain) et on force à coopérer. De toute façon, ils acceptent et sont muselés institutionnelement, ils refusent et sont dénoncés et attaqués. Attendons maintenant, la prochaine donne pour BA dans quelques jours.

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