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Cultures et societes en Egypte et dans le monde arabe - Arab and Egyptian cultures and societies


ONU: vers la reconnaissance d'un Etat palestinien?

Publié par Le Petit Journal sur 2 Septembre 2011, 18:39pm

Catégories : #Monde Arabe

 

L'Autorité palestinienne va demander, mi-septembre, l'adhésion à l'ONU d'un Etat palestinien, une requête qui pourrait être acceptée, selon les bruits de couloirs onusiens. Israël, dépité, se prépare à la contre-attaque

 Alors que les négociations de paix israélo-palestiniennes sont au point mort depuis des mois et que l'Etat hébreu refuse de geler sa colonisation des territoires occupés, l'Autorité palestinienne va demander mi-septembre à l'ONU de trancher. Le Fatah de Mahmoud Abbas, aujourd'hui en "bons termes" avec le Hamas contrôlant la bande de Gaza, fera voter, mi-septembre, l'assemblée générale des Nations Unies sur l'adhésion en son sein d'un Etat palestinien. Ses frontières seraient alors celles d'avant la guerre des Six Jours de 1967. Le nouveau pays inclurait autrement dit la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.

Un vote en faveur d'un Etat palestinien
D'après un rapport interne de l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Ron Prosor, "entre 130 et 140 États [sur 193, ndlr] approuveront la démarche des Palestiniens et seule une poignée de pays s’y opposera". Les émissaires israéliens ont pourtant tout fait pour dissuader la communauté internationale de voter en faveur de la création d'un Etat palestinien. Pour le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou,"la démarche unilatérale des Palestiniens à l’ONU constitue une violation des engagements qu’ils ont pris dans leurs accords signés avec Israël". Après des décennies de médiation internationale, les échecs successifs des négociations de paix semblent avoir convaincu les différents Etats-membres de l'ONU d'accepter la création d'un Etat palestinien. Dépité, le Premier ministre israélien aurait d'ailleurs annulé son discours en préambule du vote, laissant le soin au président Shimon Pérès de s'exprimer, sans espoir de changer le cours du scrutin.  

La position européenne
Alors que la Chine et la Russie devraient voter en faveur de ce texte, l'Europe reste divisée sur le sujet. L'Italie, les Pays-Bas, la République tchèque et l'Allemagne pourraient voter contre alors que le Royaume-Uni et la France penchent pour le "oui". Mercredi, dans un entretien à l'Express, Nicolas Sarkozy a dévoilé son opinion : "La seule véritable sécurité, c'est la paix. Et c'est d'abord par la création de l'Etat palestinien qu'on l'obtiendra. La sécurité d'Israël sera mieux assurée avec un État palestinien démocratique, moderne et viable à ses frontières, la France ne cessera de rappeler cette évidence". Lors de sa conférence mercredi avec les ambassadeurs de France dans le monde, le président français a exprimé son désir de voir les Etats européens sur la même longueur d'ondes : "Les 27 pays de l'Union européenne doivent s'exprimer d'une seule voix. Ensemble, nous devons assumer nos responsabilités. La France (...) va prendre des initiatives, nous voulons l'unité de l'Europe". Benyamin Nétanyahou et son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman ont essayé ce week-end d'influencer la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton pour que l'U.E s'abstienne de tout vote. Mais un texte modéré, incluant des négociations avec Israël, permettrait de convaincre les Etats européens encore réfractaires.

La réaction de Tel-Aviv
Le ministre israélien des Finances, Youval Steinitz, estime que la demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU constitue "une menace plus grave que celle du Hamas". "Cette initiative ne restera pas sans réponse d'Israël", a-t-il déclaré à la radio publique israélienne. Pour le ministre des Infrastructures, Ouzi Landau, la reconnaissance d'un Etat palestinien signifierait que "nos accords avec les Palestiniens seraient nuls et non avenus". "Nous devrions alors imposer notre souveraineté sur les secteurs des Territoires (palestiniens occupés) à propos desquels il y a un consensus en Israël, c'est-à dire la vallée du Jourdain et les grands blocs d'implantations, voire davantage", a-t-il expliqué.

Les forces de l'ordre israéliennes se tiennent déjà prêtes en cas de reconnaissance de l'Etat palestinien. Des manifestations palestiniennes et des actes de violence à la frontière sont redoutés par l'Etat hébreu. Le dispositif de sécurité a donc été renforcé à la frontière. De nouveaux champs de mines et des réseaux barbelés ont ainsi été installés face au Liban et à la Syrie. Les tensions entre Palestiniens et Israéliens sont d'autant plus vives depuis la série d'attentats perpétrés le 18 août dernier. Des tirs de roquette palestiniens avaient coûté la vie de huit Israéliens, dont six civils.

Une reconnaissance symbolique
Même en cas de vote en faveur de la demande palestinienne, l'Etat palestinien reconnu pourrait ne pas siéger aux Nations Unies. Les Etats-Unis ont en effet déjà annoncé qu'ils poseraient leur veto au Conseil de sécurité à l'admission pleine et entière d'un État palestinien aux Nations Unies. L'Etat palestinien se contenterait alors d'un statut d'Etat non-membre de l'Onu. Cette reconnaissance symbolique est cependant un premier pas vers l'indépendance. "Une reconnaissance internationale de notre Etat, sur la base des frontières de 1967, en fera un Etat sous occupation. Cela va changer la formule juridique de notre situation", a ainsi déclaré le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans une interview conjointe avec le quotidien jordanien Al-Doustour et le quotidien du Qatar Al-Watan.

Quel avenir pour l'Etat palestinien ?
La situation économique d'un futur Etat palestinien reste pourtant une inquiétude pour la communauté internationale. La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a souligné lors de son rapport de juillet dernier que le territoire palestinien présentait un taux de chômage de 30% et son économie reste très dépendante des donations internationales et des relations avec l'Etat hébreu. La moitié du budget actuel de l'Autorité palestinienne provient en effet des droits de douanes et de TVA prélevés par Israël pour le compte des Palestiniens. Alors que la communauté internationale tente d'augmenter ces revenus fiscaux pour développer la croissance économique d'un futur Etat palestinien, Israël évoque déjà la possibilité de geler ces transferts d'argent en représailles d'une reconnaissance sans passer par la case négociations.  


Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 2 septembre 2011

 

 


Cherchez l'erreur...

 

 

 

J.B (www.lepetitjournal.com) vendredi 2 septembre 2011

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