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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 12:09

Des militantes égyptiennes accusent de nouveau les militaires de sévices sexuels


Des militantes et des groupes de défense des droits de la personne ont accusé l’armée égyptienne et les autorités carcérales, mercredi, d’avoir commis des agressions sexuelles contre des femmes arrêtées lors de la dernière rafle contre les manifestants au Caire.


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Ces accusations, qui rappellent des incidents semblables survenus lors de précédentes manifestations, ajoutent de nouvelles tensions dans la campagne électorale en Égypte, deux semaines avant l’élection présidentielle.

Plus d’une douzaine de femmes faisaient partie des quelque 300 manifestants arrêtés le week-end dernier dans la foulée d’une manifestation devant le ministère de la Défense qui a dégénéré [sic].

 

La militante Aida Seif al-Dawla a déclaré que des gardiennes de prison avaient agressé sexuellement certaines militantes détenues en inspectant leurs organes génitaux sous prétexte de rechercher des drogues.

 

« C’est une agression sexuelle », a dénoncé la militante. « Les femmes sont blessées, physiquement et psychologiquement. »

 

L’une des femmes en question, Aya Kamal, a témoigné mardi devant la commission des droits de la personne du Parlement au sujet des sévices dont elle dit avoir été victime lors de son arrestation.

 

Lors d’un témoignage télévisé, Aya Kamal a déclaré à la commission qu’elle s’était réfugiée dans une mosquée pour échapper aux soldats qui tentaient de disperser les manifestants.

 

Elle a raconté que des soldats avaient pris la mosquée d’assaut et s’étaient relayés pour l’insulter, lui cracher dessus et lui faire des attouchements sexuels. D’autres femmes étaient présentes et ont été victimes des mêmes sévices, a-t-elle dit. Des manifestants de sexe masculin ont aussi été battus et menacés d’agression sexuelle, a déclaré Aya Kamal.

 

Elle a affirmé qu’un soldat l’avait frappée à la tête avec un bâton et qu’elle avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Pendant ce temps, un autre soldat a tenté de lui enlever son voile islamique.

 

À leur arrivée dans un centre de détention militaire, des soldats ont célébré l’arrivée de nouveaux détenus.

 

« Ils nous ont insultées, nous les femmes. Ils ont ouvert les fenêtres (de la camionnette) et ont tenté de toucher notre corps et de nous harceler. Ils nous ont menacées d’agression sexuelle et nous ont dit que si l’une d’entre nous ouvrait la bouche, elle serait jetée en pâture aux soldats à l’intérieur en sachant ce qui lui arriverait », a raconté Mme Kamal en retenant ses larmes.

 

Aida Seif al-Dawla a expliqué que la plupart des femmes victimes de sévices des militaires n’étaient pas prêtes à les dénoncer en public à cause du stigmate social associé aux questions à caractère sexuel dans une société musulmane conservatrice, et aussi parce que ces femmes craignent d’être convoquées pour être interrogées.

 

Un responsable militaire a indiqué qu’il n’y avait pas eu de plainte formelle au sujet des agressions alléguées. Il a cependant indiqué qu’Aya Kamal faisait toujours l’objet d’une enquête, ce qui signifie qu’elle pourrait encore être accusée d’avoir attaqué des militaires et d’avoir perturbé l’ordre public.

 

Ce responsable a réclamé l’anonymat conformément aux règles de l’armée.

 

Les militants pro-démocratie accusent les militaires d’avoir recours aux mêmes pratiques abusives en vigueur sous le régime d’Hosni Moubarak. L’an dernier, les « tests de virginité » menés par des médecins militaires sur des manifestantes détenues a causé un tollé en Égypte et ailleurs dans le monde.

 

L’armée avait alors admis qu’il y avait bel et bien eu de tels tests, tout en affirmant que les commandants militaires ne les avaient pas autorisés. Un médecin militaire traduit en justice pour avoir pratiqué ces tests a été acquitté. Un tribunal civil a demandé à l’armée de cesser cette pratique.

 

Les militants estiment que les tests de virginité et les agressions sexuelles visent à intimider les femmes et à les maintenir à l’écart des manifestations.

 

Leur presse (Associated Press, 9 mai 2012)

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 11:17

Lu sur le Jura Libertaire:

 

Égypte…


20 morts en 3 jours, et on a vu un mélange bizarre, djihadistes armés, jeunes manifestants, forces « de gauche » et autres personnes, se castagner avec les flics et leurs nervis, devant le ministère de la Défense. Ils continuent, depuis trois nuits au Caire c’est le bordel le plus total.


Les Salafistes ne savent plus quoi faire, ils cherchent la future « longue barbe ». Hazem Abou Ismail, leur grand chef, vient de se faire coffrer pour incitation à l’émeute. Ses partisans partent en manif avec plein d’autres, et s’y font, malgré tout, c’est tout de même heureux, péter la gueule.

Le Caire est un joyeux, sinon tragique, foutoir, Assouan idem, pas de nouvelle de la Haute Égypte, Assiout est abonnée Salafiste, et Alexandrie, Ô misère est un énième fief de barbus, l’ordre y rêgne… l’ordre islamique… joie… !

En Égypte on vote le  23 mai, ça va aussi être joie… c’est juste le premier tour… pour vous donner une idée…

Mailing – 7 mai 2012


L’armée égyptienne durcit la répression des manifestants


Plus de 300 personnes ont été arrêtées, un couvre-feu est décrété. Les protestataires parlent de « piège ».

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« Ils ont ramassé à la pelle. Depuis la chute de Moubarak, c’est la première fois que l’on assiste à une telle vague d’arrestations » en Égypte, soupire Ramy, un activiste. Vendredi, quelque 3000 révolutionnaires et salafistes ont bravé la menace du Conseil suprême des forces armées (CSFA) en marchant sur le ministère de la Défense, symbole du pouvoir militaire, auquel personne n’avait osé s’attaquer jusqu’à la semaine dernière. Ils dénonçaient une tentative de manipulation de l’élection présidentielle des 23 et 24 mai prochain. La riposte de l’armée a été cinglante, faisant au moins un mort et plus de 300 blessés côté manifestants. Un soldat a également succombé à ses blessures.

 

Traque dans les mosquées et les hôpitaux

 

Dans la foulée, les militaires ont procédé à de multiples arrestations, attrapant dans un premier temps les contestataires à l’aveuglette sur le champ de bataille, puis les traquant dans les mosquées, transformées en base arrière de la révolte, et jusque dans les hôpitaux environnants.

Depuis, un collectif d’avocats a publié une liste de plus de 310 noms de suspects arrêtés, élaborée à partir de documents émanant du procureur militaire. Parmi eux, figurent bon nombre d’activistes et une dizaine de journalistes. Placés en détention provisoire pour 15 jours, tous sont interrogés par la justice militaire. Ils sont poursuivis pour violences à l’encontre des soldats, rassemblement illégal sur une zone militaire et dégradation de biens publics. Dans ce pays où la moindre critique à l’encontre de l’armée est passible d’emprisonnement, ils risquent gros. « Ça peut aller de un à sept ans de prison. Ceux qui sont accusés d’homicide de soldat risquent la peine maximale », précise Heba Morayef, responsable de Human Rights Watch en Égypte. Au moins quinze femmes, présentes parmi les manifestants, ont été relâchées par l’armée après une garde à vue de plus de 24 heures.

 

Naïveté

 

« Ils nous ont tendu un piège, on est tombés dedans ! C’est une énorme erreur de notre part », peste Ramy, qui voit dans les affrontements de la semaine dernière une machination montée de toutes pièces par le CSFA. Plusieurs observateurs ont rapporté des faits étranges, qui viennent alimenter cette théorie du complot. Certains salafistes, qui occupaient les abords du ministère de la Défense depuis une semaine pour dénoncer l’éviction de leur candidat à la présidentielle, Hazem Abou Ismaïl, étaient munis d’armes blanches, parfois d’armes à feu. Lorsque de premières échauffourées ont éclaté avec les habitants du quartier, connus pour être pro-armée, ils n’ont pas hésité à en faire usage. « Si vous ne pouvez pas empêcher un groupe de salafistes rétrogrades de tirer sur les habitants, et bien, il faut se désolidariser et partir ! », s’agace le célèbre activiste Sandmonkey, critiquant sur son blog la naïveté des révolutionnaires, qui ont rejoint le sit-in contre l’armée sans trop savoir, selon lui, qui menait cette occupation ni quelles en étaient les revendications.

« Il y avait des infiltrés, c’est certain. Mais qui ? Combien ? On ne sait pas », s’interroge Heba Morayef. Pour Ramy, le résultat est le même. « À trois semaines de la présidentielle, les militaires montrent aux citoyens que le pays a besoin d’un homme fort pour ne pas sombrer dans le chaos. En même temps, ils nous neutralisent. Comment se concentrer sur l’élection si on doit faire sortir nos camarades de prison ? »

 

Leur presse (Marion Guénard, LeFigaro.fr, 6 mai 2012)


Le couvre-feu prolongé pour une troisième nuit au Caire

 

Les autorités égyptiennes ont prolongé dimanche le couvre-feu en vigueur depuis deux nuits au Caire dans le quartier du ministère de la Défense, afin d’empêcher que les violences de vendredi ne se reproduisent à moins de trois semaines de l’élection présidentielle.

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L’armée a imposé un nouveau couvre-feu de 23h à 6h dans le quartier d’Abbasia, où se trouve le siège du ministère de la Défense, pour la troisième nuit consécutive, a annoncé l’agence de presse officielle Mena, qui cite une source militaire. (…)

Leur presse (Reuters, 6 mai 2012)

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 00:00

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Festival
Cinéma et Révolution(s) en Egypte
Les 27 et 28 avril 2012,
à la Maison des Passages
44 rue Saint Georges, Lyon

 

 

 

Depuis le 25 janvier 2011, s'est déclenché en Egypte un mouvement populaire de grande ampleur, qui a abouti, en 18 jours, à la chute de l'ancien Président-dictateur Hosny Moubarak. Mais la Révolution égyptienne ne saurait se limiter à un soulèvement de 18 jours: ses conséquences en termes politiques, sociaux, économiques et culturels, se font encore ressentir un an après.

Qu'en est-il des artistes, et notamment des cinéastes, égyptien-nes? Avait-ils/elles pressenti cette révolution? Y ont-ils/elles pris part? Comment? Quelles visions portent-ils/elles sur les évolutions en cours, quels sont leurs espoirs, ou leurs désillusions? Quelle est, au fond, la place des artistes dans le changement social?

Le Festival Cinéma et Révolutions en Egypte se donne pour but d'alimenter le débat et la réflexion sur les changements en cours dans la société égyptienne, notamment en donnant la possibilité au public lyonnais de rencontrer des artistes égyptien-nes, de voir et discuter de leur travail récent.

3 séances de moyens et courts-métrages, souvent inédits en France, seront ainsi proposées, ainsi qu'un mini-concert de rap, de la poésie, une exposition photo et une table-ronde, pour aborder tous les aspects de cette Révolution historique.


Programme :

Vendredi 27 Avril : 20h : Soirée d'ouverture
Regards de femmes sur la Révolution égyptienne

« Black-Out », documentaire de Mayye Zayed et Mohammed El-Hadidi, 2010, 3'.
« 18 jours au coeur de la Révolution égyptienne », documentaire de Mirit Mikhail et Farid Ismail, 2011, 26'. En présence de la réalisatrice.
« Liberté, liberté, ô mon Egypte », documentaire de Sabreen Al-Rassace, 2011, 35'.

Suivis des performances de : Osakoo (Osama El-Wardany), rappeur, et Mohammed Zanaty, poète.


Samedi 28 Avril :
15h : Génération Révolution?

« Notre arme », documentaire de Zyad Hassan, 2011, 6'.
« Première fois sur Tahrir », documentaire de Ahmed Hamed, 2011, 15'.
« Egypte : un rêve en devenir », documentaire de Tommaso Dradi, 2011, 50'. En présence du réalisateur.


17h : Table-ronde
Quelle actualité pour la Révolution égyptienne?

En présence de :
> Mirit Mikhail, réalisatrice.
> Tommaso Dradi, réalisateur.
> Osama El-Wardany, réalisateur et rappeur (Osakoo).
> Mohamed Zanaty, poète.
> Clément Steuer, docteur en Sciences politiques et Sociologie.
> Shahinaz Abdelsalam, militante, blogueuse et journaliste.
> Un membre de l'Association Rhône-Alpes Solidarité avec l'Egypte (Tahrir).


20h: Séance spéciale courts-métrages !
Révolution(s) au quotidien

« Intérêts », fiction de Tamer Atteya, 2011, 24'.
« Froid Janvier », fiction de Romany Saad, 2011, 12'.
« Liberté suspendue », documentaire de May Al-Hossamy, 2011, 10'.
« Karim », documentaire de Omar El-Shamy, 2011, 11'.

Suivis de 3 courts-métrages d'Osama El-Wardany, en présence du réalisateur :

« Sur le mur », docu, 2011, 10'.
« Tahrir- Ben Ghazy », docu, 2011, 24'.
« Et encore... », docu, 2011, 12'.



Les films sont en version originale, sous-titrés Français.

Tarif des séances : 5€ / 3€ tarif réduit.

Pendant toute la durée de l'événement, l'exposition photographique « Des femmes, des hommes, une révolution », de la photographe Josiane Bellochovique sera également visible sur place.

Plus d'infos: www.maalish.org
maalish.festival@gmail.com

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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 15:45

 La révolution armée a changé de stratégie et s’organise pour vaincre

Homs, Rastan, Idlib, Douma dans la banlieue de Damas, la région d’Alep… Le régime syrien poursuit sa terrible offensive contre les fiefs de la contestation, pratiquant une politique de la terre brûlée. Les bilans quotidiens des victimes approchent désormais la barre des 100 et ce samedi 7 avril, Homs, bombardée sans répit, était comparée par les militants à Bagdad. Selon un officier dissident joint par Skype ce même jour, les avions Migs sont également entrés en action. La violence de l’offensive pousse les populations civiles à l’exil : près de 700 Syriens sont arrivés en Turquie au cours des dernières vingt-quatre heures.

Les chars de l’armée d’Assad, qui viennent « finir » le travail de l’aviation, laissent après leur passage des villes quasi fantômes, appuyant de la sorte le discours officiel qui clame depuis une semaine que « la bataille est terminée une fois pour toutes ».

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À Homs, une vieille femme devant les décombres de sa maison

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Tafnaz, dans la région d'Idlib

 

Le pouvoir syrien voudrait dicter de la sorte le rythme de la bataille et des conditions du cessez-le-feu que Kofi Annan, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, cherche à lui arracher, jusqu’au tempo de la médiatisation.

L’impasse diplomatique et le rouleau compresseur de la machine répressive sont amplement relayés par la presse, occultant une tout autre réalité sur le terrain : la poursuite du combat révolutionnaire.

À commencer par les manifestations pacifiques qui n’ont pas cessé. Les images des destructions et des victimes laissent en effet peu de place à celles des rassemblements qui se poursuivent sur l’ensemble du territoire. Ce vendredi 6 avril, ils étaient encore des dizaines de milliers de Syriens à manifester. Les militants recensent plus de six cents points de rassemblements, de jour comme de nuit. « Des nouvelles villes et villages se joignent même à la contestation, témoigne cet activiste du « Mouvement révolutionnaire ». Les Syriens manifestent dans chaque région qui n’est pas sous bombardement. »

Manifestation à Dera, au sud, le 5 avril

Manifestation à Hama, le 3 avril

« Les manifestations sont nombreuses, elles sont même massives, confirme Dlovan Jaziri, responsable du réseau Souriya Moubacharr (« La Syrie en direct ») qui alimente en images et vidéos quinze chaînes de télévision. Quant à l’Armée syrienne libre (ALS), elle mène des opérations de plus en plus importantes : seulement 15 % des opérations qui ont lieu sont diffusées en ce moment. »

Les unités d’élite ultra-équipées qui sont à la pointe de l’offensive contre les fiefs de la contestation – essentiellement les 4e et 5e Brigades et la Garde Républicaine ­– ont certes l’avantage la journée ; mais la donne est différente la nuit où les hommes de l’ASL reprennent l’avantage dans les combats.

Opération nocturne de l’ASL contre un barrage de l’armée régulière dans la région de Deir Ez-Zor (Est) le 6 avril

 

La partie est loin d’être finie

Certaines opérations sont spectaculaires, au regard des moyens limités dont disposent les combattants, et se déroulent parfois en plein jour : en début de semaine, sur la route entre Rastan et Idlib, « la brigade al-Haq » aurait ainsi réussi à mettre hors d’état de nuire un convoi de sept porte-missiles. À Alep, le 1er avril, la brigade Abou Imarat, chargée de mission spéciale pour la région de Khalidiyé, prenait pour cible un membre des renseignements de l’armée de l’air, unité réputée pour sa sauvagerie, et un chabiha ; deux jours plus tard, dans la région de Damas, un officier était également tué dans son véhicule dans une autre opération revendiquée par les rebelles. Ce samedi 7 avril, un officier et deux agents de la sécurité ont connu le même sort dans la région d’Alep.

La multiplication des assassinats des membres de l’appareil sécuritaire, qui n’est pas sans rappeler les attentats commis contre les officiers alaouites dans les années 1979-80 par la branche armée des Frères musulmans, augure-t-elle d’un glissement vers un conflit civil ? Non, estime Ignace Leverrier, ancien diplomate et auteur du blog Un œil sur la Syrie : « Tant qu’ils s’attaquent aux Moukkhabarat (service de renseignement), cela entre dans le cadre de leur stratégie de défense, le cas serait différent s’ils prenaient pour cible des quartiers de civils. »

Derrière la « débâcle » de l’ASL, dans les foyers de la contestation, se joue en réalité un tournant dans la stratégie des combattants.

« Comme ils n’ont pas les moyens de se défendre, se retrancher dans les villes était une mauvaise stratégie, poursuit Ignace Leverrier, ils changent donc de tactique. La partie est loin d’être finie. » Encerclés par les forces de Bachar El-Assad avec lesquelles ils ne peuvent se mesurer, les rebelles se sont retrouvés piégés dans les territoires dont ils voulaient assurer la protection.

« À Bab Amro, ce n’était pas forcément un choix, explique l’activiste, les combattants n’ont pas eu le temps de se retirer ; par la suite, dans la région d’Idlib où les brigades sont composées en majorité de civils sans expérience, ils pensaient devoir résister comme à Bab Amro, devenu un exemple. »

Tirant les leçons de cette défaite, les révolutionnaires se replient sur un combat à la hauteur de leurs moyens. Mais à l’inverse des premiers mois de leur entrée en scène, il ne s’agit plus de faire le coup de feu sur toutes les cibles potentielles qui se présenteraient ; les opérations de guérilla visent l’appareil militaro-sécuritaire, s’inscrivant dans une optique de résistance.

« Afin d’éviter la confrontation directe, la résistance passe de plus en plus par des opérations qui visent à détruire les armes, chars et hélicoptères, dans leurs entrepôts », reprend l’activiste. Les chars qui sont acheminés par convoi pour économiser de l’essence constituent des cibles de choix ainsi que les barrages. Les combattants qui manquent de moyens de communication y récupèrent les radios. « Certains excellent même dans ce type de mission », rapporte un observateur.

Destruction d’un convoi de porte-missiles près d’Idlib le 3 avril

Les erreurs tactiques ont été analysées et une nouvelle stratégie a été élaborée en concertation avec les militaires dissidents, les activistes et quelques politiques proches du terrain.

 

L’ASL surprendra tout le monde

« Beaucoup d’éléments de l’armée (syrienne) libre ont appris des nouvelles techniques pour se protéger et défendre les civils », explique un membre du Conseil supérieur de la Révolution de Homs, témoin de ces discussions entre les militaires et les militants. Le régime utilise des armes nouvelles ? « Ils apprennent vite à s’en défendre, poursuit-il. L’armée libre a acquis une plus grande expérience et va surprendre tout le monde dans cette nouvelle étape. »

L’opération réalisée ce samedi 7 avril à l’aube dans la région d’Alep pourrait être une illustration de cette nouvelle tactique qui vise à couper l’herbe sous les pieds du régime : les combattants ont lancé une attaque contre l’aéroport militaire Ming d’où partent les appareils pour bombarder la région d’Alep. Parallèlement, une opération était menée contre le siège des renseignements militaires dans la ville même d’Alep.

Tirs d’obus par un hélicoptère à Tel Rafa’at, près d’Alep, le 5 avril 2012

La multiplication des assassinats de responsables sécuritaires dans les centres névralgiques du pouvoir, à Damas et à Alep, s’inscrit dans cette nouvelle stratégie.

« L’armée syrienne libre met en œuvre une nouvelle stratégie : n’ayant pas de munitions suffisantes, elle monte des opérations contre les véhicules qui transportent le ravitaillement en diesel et elle vise les officiers du régime », explique Iyad Qarqour, un activiste qui collabore depuis Riyad avec les militaires de Damas et sa région, réunis en Conseil militaire. Cette stratégie qui vise à paralyser l’infrastructure militaire est confirmée par un officier d’un conseil militaire de la capitale joint par Skype.

L’amélioration des capacités opérationnelles des rebelles résulte d’une restructuration des unités combattantes autour de ses éléments militaires à la faveur de défections croissantes. Certes les défections n’ont pas gagné l’élite militaire, c’est-à-dire les officiers alaouites qui verrouillent l’appareil militaro-sécuritaire et ses unités d’élite, mais elles se multiplient au sein de l’armée régulière à des niveaux supérieurs en dépit du danger que ces officiers et leur famille encourent. Ce sont ces officiers qui sont désormais aux commandes de l’Armée syrienne libre et donnent forme à ce qui n’était jusqu’à présent qu’un label.

Annonce de la constitution du conseil militaire de Rastan, et de sa composition

À la manière des civils qui ont coordonné leurs actions à travers la formation de comités de coordination (voir l’entretien de Souheir al-Atassi ici et ), les militaires se fédèrent. Chaque ville, chaque région se dote de conseils militaires tenus par des officiers. Ils constituent la tête pensante des Liwas dar al-Thaoura, des brigades qui regroupent plusieurs Kataeb Mouqatila, ces unités combattantes de 100 à 200 éléments qui se sont formées sur l’ensemble du territoire. En début de semaine, dix officiers responsables de Kataeb ont ainsi annoncé leur ralliement autour du « Liwa pour la Révolution pour la région du nord d’Idlib » sous le commandement du colonel Mohammed Razouq.

Selon nos informations, Homs, la capitale de la révolution, qui compte les plus importantes unités combattantes, devrait annoncer d’ici peu la formation de son Liwa. « La majorité des unités de Homs se sont regroupées mais l’annonce officielle est retardée afin de permettre à d’autres brigades de se joindre à elles », affirmait vendredi 6 avril ce membre du Conseil de la Révolution de Homs.

 

Colère contre les Etats-Unis et la France

L’objectif de ce processus, entamé il y a plus d’un mois, consiste en effet à prévenir la fragmentation des groupes armés composés en majorité de civils sans grande expérience. Car les soldats qui ont fait défection ne représentent qu’une minorité des combattants. « 80 % des unités combattantes sont constituées de réservistes et de civils, explique Imad Eddine Rachid, fondateur du Courant national syrien et membre de la Coalition d’action nationale pour la libération de la Syrie (groupe d’opposition constitué au sein du CNS). Il s’agit de regrouper tous ces différents groupes en Liwa, sous l’autorité des militaires, afin d’éviter la prolifération de milices comme en Libye. » Limitée pour l’heure au niveau local et régional, cette restructuration pourrait aboutir à terme à la formation d’un commandement militaire unifié national. « Ce serait la direction de cette nouvelle armée », estime Dlovan Jaziri.

La décision prise à Istanbul par les opposants du Conseil national syrien (le CNS) de rétribuer les militaires rebelles en distribuant des salaires voudrait aussi favoriser cette structuration des militaires et groupes armés et encourager de nouvelles défections. Elle coïncide avec la constitution en Turquie d’un commandement militaire unifié, sous la direction du colonel Ryad al-Assad et du général Moustapha al-Cheikh. Il reste encore à trouver les moyens de l’articulation entre cette direction en exil de l’ALS et le mouvement armé de l’intérieur qu’elle affirme représenter. Mais la légitimité et la loyauté de cette instance militaire, et en particulier de leurs chefs, sont remises en cause par un grand nombre d’officiers et de combattants sur le terrain.

Annonce d’un Commandant unifié de l’ASL en exil

Sur le terrain, la restructuration de cette armée libre et cette nouvelle stratégie se heurtent pour l’heure à l’absence de moyens de communication. « Cette restructuration est certes une bonne chose mais nous manquons d’aide financière et matérielle », déplore l’officier du Conseil militaire de Damas. « Pour communiquer, les militaires en sont réduits à utiliser les moyens de communication des civils », témoigne un militant responsable d’un réseau médiatique.

Or, la communauté internationale fait preuve de frilosité sur ce point après avoir refusé de répondre aux demandes d’armement de l’opposition et de l’ASL. Les velléités du Qatar et de l’Arabie saoudite d’armer les rebelles sont en effet restées lettre morte, en partie sous la pression occidentale.

Les promesses faites par les pays arabes d’envoyer des armes tournées en dérision

Dès lors, les combattants continuent de s’appuyer sur des réseaux d’aide individuels. « Les Occidentaux refusent d’armer les combattants en expliquant qu’ils ne sont pas organisés mais ils ne leur donnent pas les moyens de s’organiser », poursuit le militant.

De quoi nourrir la colère qui se fait jour à l’encontre du camp occidental et en particulier de Paris et Washington incriminés pour leur inaction. « Les Syriens pensent que la France et les États-Unis ont pris, très tôt, des positions avancées (contre Bachar El-Assad), témoigne le membre du Conseil de la Révolution de Homs, mais qu’il n’y a eu aucune aide concrète sur le terrain. » « Des slogans anti-Occidentaux pourraient apparaître dans les manifestations », prévient, en écho, le militant. La nouvelle mission d’observateurs qui se prépare dans les coulisses de l’ONU pourrait prendre très vite la mesure de ce ressentiment.

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« Honte aux ennemis de la Syrie », en allusion à l’inaction du « groupe des Amis de la Syrie », le camp occidental et ses alliés

(Caroline Donati, Mediapart, 9 avril 2012)

Par nicoducaire - Publié dans : Monde Arabe
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 11:35

Un appel, «Révolutions arabes, révolutions des femmes ? 8 mars, 8 femmes», a été lancé par 8 femmes arabes, largement relayé dans la presse en France. La tribune qui suit ne constitue pas une remise en cause de ces personnalités.

Notre souhait, ici, est de pointer des raccourcis et simplifications contenus dans cet appel: nous nous interrogeons sur la surexposition, dans le débat public en France, du monde arabe et plus particulièrement de la religion musulmane dès lors qu’il est question d’oppression des femmes.

Les inégalités dont sont victimes les femmes dans le monde arabe ne sont malheureusement pas spécifiques à cette région ; de même elles ne sont pas inévitablement imputables à sa religion majoritaire. L’Appel du 8 mars, relayé par des médias hexagonaux, semble avoir d’abord été destiné à l’opinion publique française, et lancé dans le contexte politique particulier de l’élection présidentielle avec les provocations que l’on sait. A cet égard, la dénonciation dans cette tribune du 8 mars de faits graves, sans autre forme d’avertissement, nourrit de dangereux stéréotypes sans pour autant soulager les souffrances des femmes. Ne pouvait-on mieux faire ? Nous le croyons, avec conviction, mais cela demandait un peu plus d’efforts. Pour être écouté et entendu par celles et ceux à qui cet Appel était destiné, vraiment. Et pour ne pas conforter certains esprits prompts à une instrumentalisation politique dès lors qu’il est question d’Islam et du monde arabe. (Version anglaise) (Version arabe)

 

 

Cet Appel du 15 mars 2012 a été rédigé par Tourya Guaaybess, Universitaire et Jean-Jacques Louarn, journaliste.

 

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 L’Appel du 15 mars

 

« Nous avons été surpris, le matin du 8 mars, d’entendre sur France Inter l’actrice Dominique Blanc, annoncée comme un évènement avant son passage à l’antenne, lire un «Appel» emphatique comme aurait pu le faire le Général aux moments les plus graves de l’Histoire : «Nous, femmes Arabes» .

Nous avons été surpris d’entendre cet appel déclamé ici et en français, appel qui ne veut pas voir qu’il y avait sur nos écrans, dans les foules révolutionnaires, femmes et hommes mêlés dans un projet commun, appel qui méconnaît surtout la réalité du « monde arabe », lu encore une fois à travers les lunettes faussées d’un Islam oppresseur. Nous sommes méfiants, à la lecture de l’histoire récente, vis-à-vis d’initiatives catégorielles qui confinent au mieux à une certaine naïveté, au pire à une bienveillante condescendance.

8 femmes, originaires de 5 pays arabes, sont-elles suffisamment représentatives de plus de 150 millions de femmes, vivant dans une vingtaine de pays, pour que leur appel dramatique soit ainsi relayé ? Nous pensons que cet appel de 8 femmes et sa réception médiatique ne peuvent susciter qu’incompréhension, et probablement rejet au sein d’opinions publiques arabes en pleine mutation.

Quitte à lancer des appels, on pourrait s’enhardir et donner des leçons à tous les Etats du monde, la journée de La Femme est universelle : quid des femmes en Chine, en Inde, en Iran ou même en bas de chez nous, où tous les jours et demi une femme meurt sous les coups de son compagnon? Pourquoi cette obsession sur le statut de la femme arabe ? Placée – toujours par les mêmes – en victime, infantilisée, au nom de qui on parle toujours. Cet appel, relayé par les médias français les plus en vue, France Inter, le Monde, pour être transmis à la Présidence de l’Union Européenne, est confiscatoire pour toutes les femmes arabes qui souhaiteraient probablement qu’on ne les utilise pas et qu’on les laisse poursuivre leur combat ô combien difficile.

Le « monde arabe » pas plus que la France ne sortent grandis des discours affectés et totalisants d’un appel mêlant bons sentiments et erreurs d’analyse. Si l’histoire récente était un guide, elle nous suggérerait que souvent lorsqu’on a invoqué le droit des femmes dans un pays musulman, cela a fini par servir des raidissements politiques, voire des conflits qui, poursuivant d’autres buts, n’ont fait qu’aggraver leur sort d’une façon ou d’une autre.

 

Nous, citoyens, soutenons sans réserve le combat des citoyens arabes pour leur liberté, pour la mise en place par eux-mêmes de systèmes politiques reflétant leurs aspirations, et nous pensons que la meilleure aide qu’on puisse leur apporter est :


- de favoriser une meilleure connaissance du monde arabe, de son histoire et de sa richesse,

- de lutter contre les clichés assimilant le monde arabe à l’islam, et l’islam à l’oppression de la femme,

- de lutter contre toute forme de soutien catégoriel, qui ne fait qu’accentuer les divisions et brouiller les trajectoires de sociétés en mouvement,

- d’inciter nos gouvernants à mener des politiques claires, fermes et stables pour le respect, par tous les Etats, de la Déclaration des Droits de l’Homme et de la Femme, ainsi que de la charte et des résolutions des Nations Unies. »

 

Signer l'appel ici.

Par nicoducaire - Publié dans : Monde Arabe
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 10:37

Nous, Égyptiens résidants en France, apportons notre soutien aux mouvements révolutionnaires et à leur grève du 11 février 2012 en commémoration de l’abdication forcée de l’ex-président Mubarak au profit du Conseil Suprême des Forces Armées, qui poursuit la répression systématique des révolutionnaires depuis cette date.

 

Nous nous rangeons aux côtés des partis politiques, des syndicats estudiantins et ouvriers et des ONG dans leur décision d’entamer une grève jusqu’à la réalisation des revendications suivantes :

 

1. Le retour de l’armée à ses casernes, et la transmission du pouvoir à un président élu.

 

2. L’organisation d’élections présidentielles dans les plus brefs délais.

 

3. L’arrêt immédiat des violences contre les manifestants.

 

4. La cessation des rumeurs mensongères et de la diabolisation des révolutionnaires diffusées par les médias gouvernementaux et leur purge de tous les éléments de l’ancien régime.

 

5. La restructuration du ministère de l’Intérieur et la traduction en justice et le jugement de tous les responsables impliqués dans les massacres commis contre les manifestants pacifiques depuis le 25 janvier 2011 à nos jours.

 

6. La démission du procureur général qui manifeste un immobilisme suspect, alors que la situation exige des décisions rapides et fermes contre ceux qui portent atteinte à la révolution ainsi que les responsables de l’ancien régime.

 

7. L’instauration d’un salaire minimum et le plafonnement des hauts salaires.

 

Les objectifs  de la révolution ne seront atteints que par la transmission du pouvoir à un président élu qui prendra en charge la mise en place d’une assemblée constituante qui représente l’ensemble des populations du pays, conforme aux déclarations internationales des droits de l’homme, et des principes d’égalité et de citoyenneté.

 

Pain, liberté, justice sociale
La révolution continue

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 14:31

Aujourd'hui, samedi 11 fevrier 2012, l'Egypte "celebre" l'anniversaire du depart de Moubarak... Un an apres, la Revolution suit toujours son cours, meme si l'adversaire semble dorenavant plus acharne, et la mobilisation s'essoufler et changer de forme...

 

Hier, vendredi, traditionnel jour de manifestation place Tahrir, une marche etait appelee a rejoindre le Ministere de la Defense pour demander le depart des Forces Armees du pouvoir. Pour une fois, il y avait donc tres peu de monde dans l'apres-midi place Tahrir, puisque 150 000 personnes etaient occupees a marcher, depuis la place Ramses et via un long detour par Heliopolis, la route la plus courte pour aller au ministere ayant ete fortuitement barree...

 

Apres plusieurs heures de marche dynamique, c'est donc a la nuit tombee que les manifestant-es sont arrive-es devant le fameux ministere, sous un pont, pour l'occasion ferme a la circulation, et sur lequel etaient stationnes.... des militaires!!

 

Un endroit peu propice au rapport de force donc, mais un rassemblement a quand meme eu lieu pendant plusieurs heures, des slogans virulents lances, des semelles de chaussure pointees vers les militaires (une insulte vraiment grave dans le monde arabe), et une projection sauvage de "Kazaboon", ces films qui denoncent les mensonges et la violence de l'armee, a meme eu lieu sur un mur en face du Ministere!!

 

Apres des hesitations, il semblerait qu'il n'y ait pas eu d'occupation sur place finalement, le petit nombre de personnes et l'emplacement particulierement pas strategique ne plaidant pas pour cette possibilite...

 

A savoir quand meme que, dans un discours evoquant celui de Moubarak il y a un an jour pour jour,  le Conseil Supreme des Forces Armees a annonce qu'il ne "cederait pas aux menaces ni aux pressions" de celles et ceux qui veulent faire regner "le chaos et la destruction" dans le pays... Tiens, ca rappelle quelque chose...

 

Le lendemain, samedi 11 fevrier, anniversaire du depart de Moubarak donc, ce sont les eleves des ecoles catholiques du quartier derriere la place Ramses qui ont manifeste leur opposition au regime militaire. Un des leurs etant mort la semaine derniere lors du match a Port-Said, illes ont reussi a faire fermer toutes les ecoles catholiques du quartier, pour partir en manifestation depuis l'ecole de la Sainte-Famille, rue ramses, jusqu'a Heliopolis, a plusieurs heures de marche de la!!! Un cortege vraiment bon enfant, avec notamment des filles qui n'hesitent pas a en prendre la tete et lancer des slogans dans les moments de creux!

 

Difficile de savoir pour le moment comment l'appel a la greve generale a ete suivi, en tout cas il semblerait que dans la plupart des ecoles et universites, celui-ci a ete bien relaye.

 

Quelques infos en vrac de ces derniers jours:

 

- les journalistes occupent Maspero, siege du Ministere de la Communication, pour faire pression pour que leur collegue, gravement blesse aux yeux lors des recents affrontements devant le Ministere de l'Interieur, soit hospitalise en Allemagne. Reponse du Ministre: "vous pouvez vous taper la tete contre le mur". Merci, Monsieur le Ministre.

 

-  Hosny Moubrak, qui se croit encore president, ne veut pas aller en prison. En cas de transfert de son hopital militaire a la prison de Torah, il menace de devoiler des "secrets" et des "informations". Mais je t'en prie, Hosny, dis ce que tu as a dire...

 

- devinez  qui a vendu pour 780 millions d'euros d'armes a l'Egypte en 2011?? La France! mais egalement de nombreux autres pays europeens, l'Allemagne, Chypre, ont ainsi alimente en armes le regime militaire egyptien. C'est beau, le soutien a la revolution et au peuple egyptien!

 

- dans la categorie "les islamistes s'y croient trop", on apprend que le tournage d'une serie a l'universite d'Ain Shams, au Caire, a du etre interrompu, parce que les etudiants Freres musulmans trouvaient les tenues des actrices "indecentes"...

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 15:10

Lu sur Le Jura Libertaire:

 

Le SCFA qui gouverne l’Égypte depuis plus d’un an intensifie de jour en jour la répression contre les manifestants pacifistes qu’on tue froidement. Le bilan des affrontements de ces derniers jours s’est élevé à 16 morts et des centaines de blessés, par balles, par bombes lacrymogènes, par coup de couteaux.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328650375.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une activiste, membre du groupe Mossirin (déterminés), qui filme les événements de la révolution depuis son déclenchement pour en constituer une archive ; dont certains épisodes ont été projetés dans le cadre de cinéma El Tahrir à Paris, a été blessé par balles avant hier lors d’un tournage des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Salma Said, fille de deux militants de gauche, Mona Mina médecin, et Said Abou Taleb ingénieur, a été interviewée hier à partir de son lit d’hôpital par Rim Maged, animatrice de l’émission Baladna bel masri de la chaîne OnTV. Au cours de cet entretien, la jeune activiste a raconté qu’elle était en train de filmer lorsque des hommes cagoulés montés sur une voiture blindée de l’armée qui circulait sur la place Bab El Louk, où se déroulaient les affrontements, ont ouvert le feu sur elle, atteinte au dessous de son œil, elle est tombée, ils ont continué à la viser par leurs balles, et ont poursuivi leurs tirs même quand elle était portée par les manifestants qui l’ont secourue. Slama a 117 cartouches dans son corps, elle accuse le ministre de l’intérieur ainsi que le maréchal Tantawi et a déjà engagé une procédure judiciaire.

Ce que raconte Salma, atteste à l’évidence de la préméditation de ces massacres qui sont des crimes contre l’humanité et qui ne diffèrent en rien de ce que commet Assad contre son peuple, toutes proportions gardées, mais le principe est le même ; on tue des manifestants pacifistes à sang froid. Mais la différence entre l’Égypte et la Syrie est que Moubarak n’est plus là, et il y a un parlement élu. Seulement ce parlement s’est immédiatement rangé du côté des assassins au cours de la séance d’hier quand son président, applaudi par la majorité a nié l’usage de balles réelles contre les manifestants que lui a confirmé le ministre de l’intérieur. Or, les rapports des médecins du ministère de la santé, ainsi que le témoignage d’un député de la minorité, membre de la commission d’enquête sur les récents événements démentent indéniablement ces allégations. Un député de cette majorité a même appelé à ouvrir le feu sur les manifestants s’ils s’approchaient trop du ministère de l’intérieur. Une revendication similaire a été émise par un ex-député du parlement démantelé de l’ancien régime. Une majorité a remplacé une autre, mais ce sont les mêmes gens, la même mentalité, les mêmes pratiques, les mêmes ordures.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1328653899.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, les salafistes ont dressé avec les agents de la sécurité de l’État et des membres de la confrérie, un tribunal qui prononça un jugement contre 8 familles chrétiennes les condamnant à émigrer de leur quartier et à mettre leurs biens en vente. Ceci s’est passé à Amryah, une ville nouvelle dans les environs d’Alexandrie, qui connut récemment des troubles confessionnels. Ils furent déclenchés par un fait divers, une relation illégale entre un homme et une femme de confessions différentes, dont la révélation a poussé les musulmans de la ville à saccager les maisons et les commerces du chrétien accusé de cet adultère et ceux de sa famille et proches. Les expulsions arbitraires des chrétiens de leurs villages, quartiers ou villes, par les salafistes qui ont lieu sous l’œil bienveillant des autorités et de la police, est devenue une pratique courante au cours de ces 30 dernières années, et restent complètement impunis.

L’appel à la grève générale le samedi 11 février lancé par 114 partis organisations syndicales, estudiantines et des coalitions des jeunes révolutionnaires a été qualifié par la majorité parlementaire comme une inititaive déstabilisatrice de l’État et de sa sécurité.

La révolution continue.

Galila El Kadi – 7 février 2012.

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 18:40

Depuis 2 jours, les affrontements ont cesse dans le centre-ville du Caire, et l'on compte donc les morts et les blesse-es. Officiellement, ces affrontements auront fait 13 morts au Caire et 2 a Suez, plus les 74 de Port-Said. Il y en a certainement plus, mais comment savoir?

 

Pour ce qui est des blesse-es, on en est a plus de 2000. Plus d'une cinquantaine de personnes ont perdu un oeil ou deux, et de nombreuses personnes sont severement blessees par des tirs de chevrotine.

 

Officiellement, les autorites repetent, comme a Mohammed Mahmoud en novembre et devant le siege du gouvernement en decembre, que seul du gaz lacrymogene a ete utilise, aucune balle reelle ni chevrotine m'a ete tiree. Ceci en depit des milliers de personnes presentes, des dizaines de temoignages, photos, et videos qui circulent. A croire qu'elles cherchent vraiment a justifier leur nouveau surnom de "Kazaboon", menteurs, aupres du plus grand nombre possible.

 

Dans la rue Mohammed Mahmoud, toujours vide de circulation, les petits groupes de gen-tes qui continuent d'y circuler peuvent donc contempler les traces des combats des jours derniers: traces de feu et de verres brises au sol, immeubles detruits, incendies, vitres brisees, tous les batiments condamnes....

 

Un certain calme est donc revenu dans le quartier, ce qui n'empeche pas des manifestations spontanees de repartir regulierement. Pour combien de temps? Devant les mensonges ehontes des autorites repressives, et le discours reactionnaire des Freres musulmans, il y a fort a parier que la contestation ne s'arretera pas la...

 

Vendredi, probablement encore plusieurs milliers de personnes convergeront vers la place Tahrir, toujours occupee, et de nombreux syndicats ou organisations, notamment dans l'education, ont d'ores et deja annonce leur participation a la greve generale illimitee (jusqu'au depart du marechal Tantawy) prevue a partir de samedi.

Peut-etre les Egyptien-nes pourront-illes s'inspirer du mouvement grec, ou depuis hier a nouveau, des dizaines d'occupations, mouvements de greve, et manifestations, ont repris...

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 11:49

AFP:

 

LE CAIRE — Un tribunal du Caire a condamné à trois mois de prison Adel Imam, le célèbre acteur égyptien et ambassadeur de bonne volonté de l'ONU, pour "diffamation envers l'islam" dans des rôles joués à l'écran comme à la scène, a-t-il affirmé jeudi à l'AFP.

Adel Imam, le plus célèbre comédien du monde arabe, a indiqué avoir été condamné par contumace aux travaux forcés après avoir fait l'objet de poursuites par Asran Mansour, un avocat proche des islamistes.

"Je vais faire appel de la sentence", a-t-il dit.

"Certaines personnes cherchant la gloire m'ont intenté un procès pour certaines de mes prestations qu'elles considèrent comme insultantes pour l'islam, et cela n'est évidemment pas vrai", a ajouté Adel Imam.

La star de 71 ans, souvent désignée comme le Charlie Chaplin du monde arabe, avait été impliqué dans plusieurs cas de justice avec les islamistes qui considèrent son travail comme blasphématoire.

L'acteur a affirmé que parmi les oeuvres incriminées figurent le film Al-Irhabi (Le Terroriste), dans lequel il joue le rôle d'un musulman fondamentaliste, et la pièce de théâtre Al-Zaeem (Le leader), une comédie où il tourne en dérision les leaders autocratiques de la région.

"Tous les films ou pièces de théâtre dans lesquels j'ai joué ont été soumis à la censure. Si celle-ci les avait jugés diffamatoires, elle les aurait interdits", a dit M. Imam.

Ce dernier a joué dans plus de 100 films et 10 pièces de théâtre, hautement appréciés du public arabe pour leur sarcasme à l'égard des leaders et des religieux.

Lors d'un débat télévisé en 1998, Adel Imam avait eu une discussion très tendue avec trois islamistes des Frères musulmans, qui dominent aujourd'hui le Parlement égyptien.

Depuis 2000, il a servi comme ambassadeur de bonne volonté pour le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), comme beaucoup de stars du cinéma et du show-biz international, à l'instar d'Angelina Jolie.

"Durant sa riche carrière, il a mêlé humour et tristesse pour dépeindre les gens ordinaires qui sont victimes d'injustice", écrit le HCR dans une biographie de l'acteur. "Pour ces raisons, Imam est devenu un symbole pour les gens, promouvant la tolérance et les droits de l'Homme dans le monde arabe".

Adel Imam a notamment joué dans "L'Immeuble Yacoubian", adapté du roman à succès de l'écrivain Alaa Al-Aswani. Le film avait obtenu en 2006 le Grand Prix IMA (Institut du monde arabe) du long métrage, et M. Imam avait reçu le prix du meilleur acteur avec Khaled al-Saxi et Nour al-Chérif.

Par nicoducaire - Publié dans : Egypte - Communauté : Egypte
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